Tu penses que ce sera mieux à 30 ans ? Oublie !

La vie, ça craint ! Il ne s’agit pas ici d’un fait alternatif, mais bien d’un fait tout court : la vie, bordel, ça craint ! Soyons honnêtes, de façon générale, la vie préfère te faire un croche-pied que de te les baiser, tes pieds. Les bonnes surprises sont rares et quand on va « de surprise en surprise », c’est rarement à s’en fendre la gueule !

MISE EN SITUATION

A 30 ans, vous faites le point sur votre vie et vous vous dites que finalement « benh vous n’êtes pas si mal ; en fait vous êtes même plutôt bien ». C’est à ce moment d’insouciance précis que cette bonne vieille vie sort des coulisses pour une surprise du feu de dieu. Vous pensiez pourtant être sorti(e) d’affaire. Après tout, même les derniers vestiges de votre acné juvénile avaient fini par se faire la malle. Mais le couperet tombe, la vie en a décidé ainsi… A 30 ans, vous vous voyez offrir un aller simple chez vos parents.

Qu’on soit bien d’accord, il n’est pas ici question du phénomène Tanguy ; ces valeureux trentenaires qui pensent que « rester chez les parents le temps de terminer un deuxième master en business management, option balai dans le cul c’est cool ». Non… On parle ici de ces malheureux Yers qui *petit a.* ont reçu un message WhatsApp de l’amour leur demandant gentiment, mais fermement, d’aller se faire foutre après 10 ans de bons et loyaux services, *petit b.* n’ont plus que leur pulpe pour pleurer après avoir été pressés par un boss aux tendances carnivores (en l’occurrence, un ex-boss), ou *petit c.*, les deux propositions parce que, clairement, sans souffrance, cette salope de vie serait trop facile.

Vous voilà donc, sans préavis, vous et vos cartons, devant cette porte que vous aviez franchie le cœur plein d’espoir il y a 10 ans de cela. Certains vivront cela comme une « renaissance », un « retour aux sources ». D’autres diront que l’expérience se rapproche plus d’un « Vie ma vie à Guantanamo ». Quoi qu’il en soit, voici quelques conseils (prenez, c’est cadeau) qui, j’en suis certaine, vous aideront à (sur)vivre dans cette jungle familiale oubliée, une fois vos cartons déballés et votre lit d’ado retrouvé.

VOUS AVIEZ UN VIE, VOS PARENTS ONT UNE VIE

Ça parait dingue, je sais, mais vos parents n’ont pas arrêté de vivre quand vous avez quitté le nid. Pire encore, ils en ont profité et en profitent encore de cette vie.

Alors que vous vous roulez par terre en vous demandant « pourquoi » – POURQUOI MOI alors qu’en bonne citoyenne du monde je serais prête à adopter un petit Syrien par correspondance-  votre mère célibataire vaque tranquillement à ses occupations : le samedi soir, tournoi de belotte avec tata Gilberte et le dimanche soir, souper chez la cousine Philomène et ses morveux.

Mais accrochez-vous, le plan machiavélique de la vie ne s’arrête pas là. Un soir, vous vous rendrez compte que le monde tourne à l’envers. Le signe ? Votre mère vous demandera si vous pouvez la conduire à son souper entre collègues et venir la rechercher à 21h, pour lui éviter de devoir prendre un taxi.

UNE CORDE, VITE SVP !

BYE BYE SPONTANEITE, HELLO LES HABITUDES

En bonne génération Y, les habitudes, on ne connait pas. Ce qu’on aime, nous, c’est prendre le temps (trop de temps ?), ne pas se stresser, décider le jour même de ce qu’on va faire, et au pire regretter le lendemain ce qu’on n’a pas fait la veille.

Tout ça, c’est terminé. De retour dans le cocon familial, vous serez gré de faire savoir à la chef de famille ce que vous souhaitez manger pour les 5 jours à venir. Vous comprendrez bien que comme elle va faire ses courses le samedi à 14h dans cette grande enseigne orange impersonnelle, l’imprévu n’est pas une option. Cette même chef de famille ne comprendra pas pourquoi vous vous obstinez à dépenser votre argent pour acheter un sandwich le midi sur votre lieu de travail. « C’est du faux pain qui vient de Pologne ! » objectera-t-elle. Ainsi, celle que vous appelez affectueusement Poutine se fera un point d’honneur à vous acheter du filet de poulet (ou de saxe, au choix). Et ce pour la simple et bonne raison qu’il y a 20 ans, « vous en réclamiez tous les midis sur vos tartines ».

VOUS N’AUREZ PLUS QUE VOS POSTERS POUR PLEURER

Alors que 10 ans auparavant, vous aviez proclamé votre chambre ‘Zone 51’ à coup de têtes de mort sur la porte, il n’en est plus rien aujourd’hui.

De prime abord, cette chambre au papier-peint psychédélique n’a pas changé d’un iota, jusqu’à ce que vous ouvriez vos tiroirs et commodes pour vous rendrez compte que tout avait disparu. Plus aucune trace de votre grasse adolescence. Cette question vous viendra alors en tête : quels indices de ma vie de débauche adolescente avais-je laissé dans ces tiroirs ? Je vous rassure, cette question restera sans réponse ; à aucun moment vos parents ne la relèveront. Nous parlerons ici d’un accord tacite parents-enfants, si vous ne dites rien, alors ils ne savent rien.

Il vous restera à contempler les ruines de votre jeunesse passée, aka posters arrachés des Backstreet Boys et photos d’un voyage scolaire sur lesquelles votre meilleur ami de l’époque trône fièrement sur le pot.

C’ETAIT GENANT AVANT? C’EST ENCORE GENANT MAINTENANT

Souvenez-vous, de ces soirées familiales, vos parents, vous, devant le petit écran à regarder l’émission du samedi soir ensemble… Jusqu’à ce qu’une scène de sexe digne des bacs à sable vous oblige à aller vous laver les dents, ou à prétendre que vous tombez de sommeil…

Ça, c’était avant, avant que vous ne passiez vos plus belles années en kot… Avant l’apogée de Netflix, grâce à qui vous avez pris l’habitude de vous avachir dans le fauteuil avec vos copines pour regarder les prouesses physiques de jeunes gens *ma foi* plutôt pas mal faits. Parce que maintenant, merde, vous avez 30 ans, vous êtes un adulte, vous savez que les abeilles et les roses ont foutu le camp depuis longtemps… Sauf que… 30 ans ou pas, vous restez l’enfant de vos parents, et cette connerie de pub qui vous vente encore plus de sensations grâce à ses petites boules en relief, elle vous met encore et toujours mal à l’aise… ENCORE… TOUJOURS …

C’est un fait, être de retour chez les parents à 30 piges, ça craint ; c’est l’univers qui vous envoie ses foudres, qui vous punit des actes commis dans votre vie antérieure de samouraï ! Ouais, ça craint… A moins que ce ne soit une chance ; une chance ultime et rare de faire un bon dans le passé et de retrouver sa place d’enfant… même à 30 ans.

Mrs X

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