Quand la misère inspire le luxe

Quand la misère inspire la mode

Lisa Sorce
Lisa Sorce

La critique est mon mode d'expression

Si le prix du luxe reste très haut perché, l’inspiration de ceux qui le créent descend à un niveau de la société qui côtoie la misère.

Le layering, -entendez par là, la superposition de plusieurs couches de vêtements- fait sensation depuis un moment. Pour Demna Gvasalia et sa collection intitulée « the elephant in the room » elle se réinvente dans sa version misérable et désemparée. On le sait, « vêtement » trouve son identité dans l’absence d’identité, prenant le contre-pieds de toutes tendances en semblant ne vouloir en créer aucune, mais en la créer malgré tout. Pour cette collection homme automne 2018, la misère des migrants semble être la source d’inspiration. Nous parlions dans un précédent post des différentes fonctions de l’habillement. 1: se couvrir du froid, 2: penser l’harmonie de ses vêtements et 3: se démarquer du reste. « Vêtement » a compris qu’après autant d’efforts de la part des créateurs à créer des tendances liées à une histoire ou rendant hommage à on-ne-sait quelle muse, la nouveauté résidait dans le retour aux sources, dans les instincts primitifs.

Enfin, cela concerne notre seule interprétation. Gvasalia, lui explique qu’à travers sa collection il a voulu s’éloigner des codes de Martin Margiela, maison pour laquelle il a travaillé. Qu’il a voulu laisser parler ses sentiments et sa spontanéité plutôt que sa réflexion. Et il ajoute également « c’est tellement difficile de faire du vieux avec du neuf, ne serait-il pas mieux d’appliquer l’idéologie du recyclage à l’industrie de la mode ».

Ne serait-il pas mieux de te mettre directement en lien avec les organismes de dons de vêtements aux pauvres pour que tu en fasses des ponchos au prix d’une voiture, cher Demna?

Sinon, Il est parvenu à réhabiliter une tendance habituellement associée à l’opulence et à la douceur d’une vie passée au soleil et dans l’opulence : le foulard. Pour le mythe auquel il renvoie, -la pin-up des années 60 à bord d’une décapotable, coiffée d’un foulard pour ne pas défaire sa mise en plis- le foulard faisait « peur ». Impossible de l’associer à une tenue sans en faire trop. Grace à une loi universelle, plus et moins, ça fait toujours moins que plus. Donc impossible d’être too much dans le cas présent. Toujours est-il que, même si peu de gens vont accéder à cette tendance du layering, je pense et en tout cas j’espère que beaucoup adopteront le carré de soie. Un conseil, allez tout de suite dans les friperies prés de chez vous pour en acquérir un.

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